You’re viewing a version of this story optimized for slow connections. To see the full story click here.

A vendre : une marmite

Les conséquences de la sécheresse sur les familles au sud de Madagascar

Story by Programme alimentaire mondial December 5th, 2016

Pour Vola Soanameny, mère de cinq enfants vivant à Madagascar très touché par la sécheresse, la décision de vendre ses plats, ses couverts et sa meilleure marmite était la goutte qui a fait déborder le vase.

« La marmite était mon ustensile le plus important » dit la jeune femme de 26 ans qui se souvient de ce terrible moment où, il y a quelques mois, elle a regardé autour de sa case et a vu sa marmite en métal, son dernier objet de valeur.

Elle a été contrainte de la vendre pour pouvoir acheter de la nourriture pour nourrir sa jeune famille dans le sud-est de l’île, où la sécheresse a provoqué plusieurs mauvaises récoltes successives.

Photo : WFP/Riana Ravoala

Depuis la vente de sa meilleure marmite il y a quelques mois, Vola a pu emprunter récemment une marmite plus petite à ses voisins. Elle l’utilise pour préparer de la semoule de maïs pour ses cinq enfants.

Sans marmite pour cuisiner, Vola et ses enfants avaient peu à manger à part les feuilles des arbres de tamarins qui poussent autour de la petite ville d’Analapatsy. Les plantations de manioc que Vola avait cultivés dans une petite parcelle à côté de sa case avaient tous flétris et étaient morts.

« Je boirais de l’eau pour remplir mon estomac et ne plus avoir faim » dit-elle.

Vola a dû envoyer l’un de ses enfants dans la famille de son ex-mari car elle ne pouvait désormais plus s’occuper d’eux tous.

Depuis lors, Vola a été enregistrée pour recevoir un soutien alimentaire régulier du PAM, tout comme d’autres familles vulnérables frappées par la sécheresse dans les zones les plus touchées du sud de l’île.

Vola reçoit de la semoule de maïs du PAM dans le cadre du soutien apporté aux familles touchées par la sécheresse. Photo : WFP/Riana Ravoala
Vola et sa famille partagent un repas ensemble avec des bols et des cuillères empruntés. Photo : WFP/Riana Ravoala

Le problème quotidien de trouver assez de nourriture étant résolu pour le moment, Vola peut commencer à penser au futur. Elle espère être avec ses voisins parmi les 170 000 familles d’agriculteurs du sud à participer à un nouveau programme de protection des semences qui sera lancé en décembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec le PAM.

Le moment est crucial : il s’agit de la saison des plantations et d’une véritable fenêtre d’opportunité pour se remettre des trois années de sécheresse qui ont frappé cette partie de l’île. Des pluies au-dessus de la moyenne ont été prévues et tout le monde espère que les choses s’arrangeront pour le mieux.

Outre les graines résistantes à la sécheresse celles à maturité rapide, la FAO soutient les familles avec des boutures de patates douces et de manioc ainsi qu’avec des outils manuels. Un soutien sera offert aux agriculteurs qui ont encore du bétail. En distribuant la nourriture au même moment aux mêmes familles, les graines peuvent être plantées plutôt que mangées.

Le PAM et la FAO demandent des fonds urgents, 67 millions de dollars, pour soutenir leur programme conjoint jusqu’à la prochaine récolte en avril/mai de l’année prochaine.

Footnote: Histoire de Riana Ravoala et David Orr
Madagascar